LES INTERVIEWS – LES PREMIÈRES 

Isabelle Chalony fondatrice de Tempo Lève la main

 

1/ Quel a été ton parcours ? 

Ingénieur en informatique de formation, j’ai travaillé pendant 20 ans dans des grands groupes industriels. J’ai été tour à tour ingénieur qualité logiciel, ingénieur système UNIX, chef de projet et responsable de l’animation des chefs de projet informatique.

En parallèle, j’ai toujours aimé entreprendre. Je suis auteure de théâtre, j’ai monté ma première troupe à 14 ans, et créé ma première pièce à 20 ans. Depuis j’ai monté plus d’une vingtaine de spectacles et écrit plus d’une douzaine de pièces (dont une publiée aux éditions l’œil du prince).

J’avais dans l’idée depuis toute petite, qu’un jour je créerais mon entreprise. 

 

2/ Comment cette idée de business t’es venue ? Et quel a été le déclic pour te lancer ? 

Cela faisait un petit moment que je réfléchissais à sortir du système actuel de consommation et à passer à une monnaie qui ne subirait pas les travers traditionnels des monnaies actuelles : l’inflation et la thésaurisation. L’heure était évidemment la solution, l’échange de services la façon de la faire circuler, et le téléphone portable s’est imposé comme l’outil du quotidien par excellence, pour faire en sorte que n’importe qui puisse accéder à ces services. « Tempo lève la main », l’application pour échanger des coups de main contre du temps, était née.

 

Au niveau de la famille, nous arrivions à un moment où les enfants étaient assez grands pour être plus autonomes et pas assez toutefois pour nécessiter les frais des études secondaires. Mon mari m’a beaucoup épaulée pour prendre cette décision, et j’ai sauté le pas quand mon entreprise a annoncé un plan de départ volontaire pour les salariés désirant créer leur propre structure. Une belle opportunité pour investir dans « Tempo lève la main », sans avoir l’impression de grever le budget familial.

 

3/ C’est quoi les difficultés que tu as rencontrées dans ton parcours ?

Beaucoup de personnes n’ont pas compris comment on pouvait quitter un emploi de cadre supérieur dans une grande industrie pour monter une application mobile au concept pour le moins novateur et incertain. Il est compliqué dans ce contexte de ne pas en douter soi-même. 

Mais mon mari et mes enfants ont été un super soutien. Mes parents m’ont aidé financièrement, mon père est mon expert stratégie, il m’aide à y voir plus clair.

Je continue d’ailleurs à demander à mes enfants leur avis sur des décisions que je dois prendre et … j’en tiens compte !

 

4/ Qu’est-ce que t’as apporté l’intégration dans le réseau et les programmes Les Premières ? 

Les Premières ont mis à ma disposition toutes leurs compétences et leur savoir-faire. Je ne suis plus isolée dans mes décisions. J’ai mes copines de promo que je peux solliciter, lors des séances de co-dev, mais également en dehors. Pour le brainstorming stratégie que j’ai demandé, je vais avoir 4 experts en face de moi pendant 3h. Ça promet d’être percutant !

Les Premières me proposent également une mise en commun de moyen : community manager, comptable, stagiaire. C’est un atout très important quand on n’a pas la nécessité d’embaucher un temps plein mais qu’on a vraiment besoin de se faire aider !

Je suis également inscrite à un module de formation en « école des ventes », et l’apprentissage est super concret et hyper efficace !

En bref, le chemin est encore semé d’embuches, mais au moins, je ne le fais pas seule !

 

5/ Quand tu étais au collège ou au lycée, c’est ce que tu voulais faire plus tard ?

Oui, dès le collège je m’étais dit que je monterais ma société. Je ne savais pas vraiment dans quoi, mais la collégienne que j’étais aurait été contente des valeurs que j’essaie de mettre en place avec « Tempo lève la main » : solidarité, brassage de génération, mixité sociale, lutte contre l’isolement …

 

6/ Peux-tu nous parler d’un projet à succès ? Ou de tes projets en ce moment ?  

« Tempo lève la main » a eu le label French Tech, l’agrément Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale, a été finaliste de l’Impact Investing Tour PACA et a été nommée « application de la semaine » par les lecteurs de www.maddyness.com

Les premiers résultats sont très encourageants, mais j’estimerai son succès quand mon chiffre d’affaires me permettra d’embaucher mon premier salarié. En attendant : je bosse pour y arriver ! 

 

7/ Qu’est-ce que tu aimes le + dans ta vie d’entrepreneuse aujourd’hui ? 

La liberté, la prise de décision, les rencontres, la possibilité de se fier à son intuition, la diversité des actions, le challenge … Je crois que j’aime tout finalement !

 

8/ Peux-tu nous parler de ton quotidien d’entrepreneuse et de la vie de maman ? Comment arrives-tu à gérer ? 

Comme je travaille à la maison, je suis là quand les enfants rentrent. Je profite beaucoup plus de leur quotidien. J’essaie de ne pas trop empiéter sur la vie de famille et de ne pas travailler le week-end et le soir. Parfois c’est dur. Mais je n’hésite pas à accompagner leurs classes en sortie, chose que je ne pouvais pas faire avant. J’essaie de faire la part des choses entre « Tempo lève la main », ce projet qui me tient à cœur mais qui n’est pas, comme certains le disent trop facilement « mon bébé », et mes enfants et mon mari qui sont ma vraie richesse.

 

9/ Quels sont les comptes Instagram que tu suis en moment et que tu adores ? 

 

10/ C’est quoi ton hashtag préféré en ce moment ? 

Pas de réponse pour les questions 9 ou 10, mais je suis une newsletter que j’aime beaucoup : lesglorieuses.fr

 

11/ C’est quoi le dernier film ou la dernière série que tu as vue ? 

« Le grand bain » un bon film français avec des personnages très travaillés et qui n’est pas juste un divertissement smiley

 

12/ Quels conseils donnerais-tu  pour les femmes souhaitant se lancer dans l’entrepreneuriat ?

D’être patientes, sûres d’elles, de se fier à leur intuition, et, surtout, surtout, de ne pas se décourager. Ma résilience est la qualité qui me sert le plus en ce moment. La capacité à transformer un échec en opportunité, à me nourrir des conseils et de l’expérience des uns et des autres et à rebondir.